Biographie de Antoine-Henri de Jomini, stratège
Suisse, lié à Napoléon
Antoine-Henri de Jomini, baron suisse du canton de Vaud, né en 1779, fit lire le premier volume de son Traité de la grande tactique au Maréchal Ney qui, enthousiasmé, lui avança les fonds pour financer l'édition de son premier ouvrage, puis le nomma aide de camp. A partir de ce moment, le destin de Jomini, ainsi que ses écrits, sera lié à Napoléon qui, après s'être fait lire des extraits du Traité et avoir constaté que Jomini avait compris son "système de guerre", avait même envisagé d'en faire saisir les éditions...
Enrôlé dans l'armée impériale, promu colonel puis général de brigade par Napoléon, Jomini participa à Iéna, Eylau et au début de la guerre d'Espagne, qui lui donnera d'ailleurs l'occasion de théoriser la "petite guerre" (guérilla). Mais, suite à un différend avec Berthier, Jomini passa en 1813 au service du Tsar Alexandre et devint son aide de camp à la bataille de Leipzig. Général en chef en 1826, il prit deux ans plus tard la tête des armées de Nicolas Ier (qui avait été son élève) durant la guerre contre les Turcs.
Ayant pris sa retraite en 1848, il revint cependant conseiller le Tsar durant la guerre de Crimée (1854) et mourut à Paris en
1869.
L'approche stratégique de Jomini
Antoine-Henri de Jomini a centré la guerre sur la stratégie, ensemble de techniques prescriptives d'analyses et de planification en vue de la conduite des opérations, afin de l'ériger en science... aux ressorts proches d'un jeu d'échec... mais très éloignés de la réalité historique et de l'articulation entre politique et stratégie. Jomini s'est d'ailleurs vu plus tard reprocher de chercher à théoriser les guerres napoléoniennes. Cette critique est une des raisons de son éclipse par Clausewitz, fondateur de la pensée stratégique contemporaine.
Les deux grands ouvrages de Jomini
Le Précis de l'art de la guerre, héritier du Traité de grandes opérations militaires (1816), Marketingissement de refontes et enrichissements de manuscrits précédents, fut écrit pour le tsarévitch Alexandre (le futur Alexandre II) et publié en 1837.
Si certains propos de Jomini restent modérés et ambigus, certaines solutions devant être employées "selon les circonstances", l'auteur cherche avant tout un juste milieu qui rend d'autant plus accessibles ses maximes et citations à la teneur pédagogique et à la portée toujours actuelle en marketing.